Qu’est-ce que le recouvrement de créances ?
Le recouvrement de créances désigne l'ensemble des actions - amiables ou judiciaires - qu'un créancier engage pour obtenir le paiement d'une somme qui lui est due. En B2B, la créance est le plus souvent une facture impayée à son échéance, mais elle peut aussi résulter d'un avoir non remboursé, d'une indemnité contractuelle ou d'un solde de compte courant.
Les trois conditions légales d'une créance recouvrable
Pour être actionnable, une créance doit réunir trois qualités cumulatives :
Certaine : son existence est établie (facture, bon de commande signé, bon de livraison, contrat).
Liquide : son montant est déterminé ou facilement calculable.
Exigible : la date d'échéance est dépassée.
Bon à savoir : Si l'une de ces conditions fait défaut, la procédure sera contestée. C'est pourquoi l'analyse préalable du dossier - avant même d'envoyer une mise en demeure - est indispensable.
Pourquoi l'impayé client est un problème structurel ?
Les chiffres sont sans appel. Selon la Banque de France, les retards de paiement augmentent de 25 % la probabilité de défaillance d’une entreprise, et de 40 % lorsque le retard dépasse un mois.
Autrement dit, un impayé qui traîne fragilise directement la trésorerie. La loi encadre pourtant les délais : l’article L. 441-10 du Code de commerce plafonne les délais de paiement interentreprises à 60 jours date de facture (ou 45 jours fin de mois). Dès le premier jour de retard, le créancier peut réclamer des pénalités de retard et une indemnité forfaitaire de 40 € par facture pour frais de recouvrement - sans avoir à prouver de préjudice réel.
Point juridique - Art. L. 441-10 C. com. : l’indemnité forfaitaire de 40 € est due de plein droit, dès le premier jour de retard, sans rappel préalable. Si vos frais réels de recouvrement dépassent ce montant (honoraires d’avocat, par exemple), vous pouvez réclamer une indemnisation complémentaire, sur justification.
La mise en demeure : le pivot du recouvrement
La mise en demeure de paiement est l’acte formel par lequel le créancier somme officiellement le débiteur de s’exécuter. Ce qu’elle produit, et ce qu’elle ne produit pas :
- Elle fait courir les intérêts moratoires : au taux légal (Art. 1344-1 C. civ.), sans que le créancier ait à démontrer un préjudice
- Elle n’interrompt pas la prescription : attention, même envoyée en recommandé, une mise en demeure ne suspend ni n’interrompt le délai de 5 ans (Art. L. 110-4 C. com.). Seules une demande en justice, une reconnaissance de dette par le débiteur ou une mesure conservatoire ou d’exécution l’interrompent (Art. 2240, 2241 et 2244 C. civ. ; Cass., 18 mai 2022, n° 20-23.204). Si l’échéance approche, il faut agir en justice.
- Elle constitue une preuve de tentative amiable : elle démontre que le débiteur a été clairement invité à payer avant toute saisine du juge, ce que les juridictions apprécient.
Une mise en demeure rédigée par un avocat, envoyée en recommandé avec accusé de réception, formalise ces effets et change radicalement la perception du débiteur.
Recouvrement amiable ou judiciaire ?
Ce n'est pas une question de préférence : c'est une question de stratégie adaptée à la situation du débiteur et à la nature de la créance.
Le recouvrement amiable : priorité à la rapidité et au coût
Le recouvrement amiable regroupe toutes les démarches qui visent à obtenir le paiement sans saisir un tribunal. En pratique, cela comprend :
- Les relances téléphoniques et par email (phase pré-contentieuse interne).
- La mise en demeure avant poursuite judiciaire, rédigée par un avocat.
- La négociation d'un échéancier ou d'un protocole transactionnel.
Quand le privilégier ? Lorsque la créance est incontestée, que le débiteur est solvable mais mauvais payeur, et que la relation commerciale a une valeur à préserver - ou non. Au sein du cabinet, 82 % des dossiers de recouvrement se règlent à l’amiable, sans aller jusqu’au juge.
Bon à savoir : Une mise en demeure signée par un avocat n'a pas le même impact qu'un courrier interne. Elle signale au débiteur que le dossier est entre les mains d'un professionnel du droit, que les délais sont comptés, et que la prochaine étape est judiciaire.
L’exécution forcée
Muni d’un titre exécutoire, le commissaire de justice peut procéder aux mesures d’exécution (saisies) pour recouvrer effectivement les sommes dues.
Bon à savoir : un dossier bien constitué dès la mise en demeure (factures, bons de commande, échanges) accélère fortement la phase judiciaire.
Le recouvrement judiciaire : quand l'amiable a échoué
Si le débiteur ne réagit pas à la mise en demeure, ou s'il conteste la créance, la mise en contentieux devient inévitable. Plusieurs voies s'offrent alors :
Praetoria s’appuie sur un positionnement coût net zéro créancier : l’objectif est de réduire au maximum, voire de neutraliser, le coût pour le créancier sur les créances effectivement recouvrées, en réclamant au débiteur les frais que la loi permet de mettre à sa charge. Le détail des modalités vous est présenté avant tout engagement.
| Procédure |
Délai estimé |
Conditions |
Juridiction |
| Injonction de payer |
2 à 6 semaines |
Créance non contestée |
Tribunal de commerce |
| Référé-provision |
4 à 8 semaines |
Obligation non sérieusement contestable |
Tribunal de commerce ou judiciaire |
| Assignation au fond |
6 à 18 mois |
Créance contestée ou complexe |
Tribunal de commerce |
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Procédure simplifiée depuis 2026
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1 à 2 mois |
Créance incontestée entre commerçants |
Commissaire de justice + greffe |
Bon à savoir : la loi n° 2026-307 du 23 avril 2026 (art. L. 126-1 à L. 126-6 CPCE) crée une procédure permettant de recouvrer sans juge une créance facturée entre commerçants, certaine, liquide et exigible : le commissaire de justice signifie un commandement de payer ; faute de paiement ou de contestation dans le mois, il dresse un procès-verbal de non-contestation, que le greffier rend exécutoire. Toute contestation du débiteur met fin à la procédure. Sa mise en œuvre pratique attend encore le décret d’application prévu par la loi.
Recouvrement amiable vs judiciaire : le bon critère de choix
La vraie question n'est pas « amiable ou judiciaire ? » mais « quelle est la probabilité de paiement spontané du débiteur ? »
Débiteur solvable, créance incontestée → mise en demeure + injonction de payer si nécessaire.
Débiteur en difficulté financière → agir vite, avant l'ouverture d'une procédure collective.
Créance contestée → assignation au fond, avec constitution de dossier probatoire solide.
Débiteur en liquidation → déclaration de créance dans les 2 mois (voir FAQ).
| Situation du débiteur |
Critère de choix |
Stratégie recommandée |
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Débiteur solvable
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Créance incontestée
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Mise en demeure, puis injonction de payer si le paiement n’intervient pas.
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Débiteur en difficulté financière
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Risque d’insolvabilité ou de procédure collective
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Agir rapidement, avant l’ouverture d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire.
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Créance contestée
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Désaccord sur la dette, le contrat ou l’exécution de la prestation
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Engager une assignation au fond avec un dossier probatoire solide.
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Débiteur en liquidation
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Procédure collective déjà ouverte
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Effectuer une déclaration de créance dans les 2 mois auprès du mandataire judiciaire.
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Les étapes d'une procédure de recouvrement
Voici le déroulé opérationnel tel que nous le pratiquons pour nos clients PME. Chaque étape a une logique et un objectif précis.
Étape 1 - Analyse du dossier et qualification de la créance (24-48h)
Avant d'envoyer quoi que ce soit, on analyse :
- La nature et le montant de la créance (factures, contrat, bons de commande, preuves de livraison).
- La solvabilité apparente du débiteur (extrait Kbis, bilans publics, procédures collectives en cours).
- Les délais de prescription (5 ans pour les créances commerciales - Art. L. 110-4 C. com.).
- Les clauses contractuelles applicables (pénalités de retard, clause attributive de compétence, clause résolutoire).
Bon à savoir : Une mise en demeure signée par un avocat n'a pas le même impact qu'un courrier interne. Elle signale au débiteur que le dossier est entre les mains d'un professionnel du droit, que les délais sont comptés, et que la prochaine étape est judiciaire.
Étape 2 - Envoi de la mise en demeure de paiement
La mise en demeure est rédigée sur papier à en-tête du cabinet, signée par l'avocat, et envoyée en LRAR. Elle contient :
- L'identification précise de la créance (références de factures, montants, échéances).
- La demande de paiement explicite, avec délai imparti (8 à 15 jours en pratique).
- Le rappel des intérêts de retard et de l'indemnité forfaitaire de 40 € (Art. L. 441-10 C. com.).
- L'avertissement clair : à défaut de paiement dans le délai, une procédure judiciaire sera engagée.
Point juridique - Art. 1344 C. civ. : la mise en demeure peut prendre la forme d’une sommation (acte de commissaire de justice) ou d’un acte portant interpellation suffisante, comme une lettre recommandée avec accusé de réception. En cas de lettre non réclamée, l’acte de commissaire de justice offre une preuve plus sûre.
Étape 3 - Suivi et négociation post-mise en demeure (3 scénarios)
Dans les 15 jours suivant l'envoi, trois scénarios :
Paiement intégral → dossier clôturé. C'est le cas le plus fréquent.
Proposition d'échéancier → négociation d'un protocole transactionnel avec garanties (reconnaissance de dette, clause pénale).
Silence ou refus → passage à la phase judiciaire.
Étape 4 - Procédure judiciaire et obtention du titre exécutoire
Si la mise en contentieux est nécessaire, nous saisissons la juridiction compétente - tribunal de commerce pour les litiges entre commerçants, tribunal judiciaire pour les autres. L'objectif est d'obtenir un titre exécutoire (jugement, ordonnance d'injonction de payer, procès-verbal de non-contestation) qui permettra d'engager des mesures d'exécution forcée.
Étape 5 - Exécution forcée
Une fois le titre exécutoire obtenu, le commissaire de justice peut procéder à :
→ Saisie-attribution sur les comptes bancaires du débiteur (la plus efficace et la plus rapide).
→ Saisie-vente de biens mobiliers.
→ Saisie des créances du débiteur sur ses propres clients.
L'exécution forcée est souvent le moment où le débiteur, qui a résisté jusqu'ici, règle enfin - pour éviter le blocage de ses comptes.
Combien coûte un recouvrement de créances ?
C’est la question que tout dirigeant pose en premier. Et c’est légitime : engager un avocat sur un impayé de 3 000 € ne doit pas coûter 2 500 € de frais. Voici comment nous avons structuré notre offre pour réduire au maximum le coût net du recouvrement pour le créancier.
| Élément |
Montant / règle |
Ce que cela couvre |
Impact pour le créancier |
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Pack Bouclier
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200 € HT + 10 % du résultat
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Analyse du dossier, rédaction et envoi d’une mise en demeure d’avocat.
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Une offre lisible, adaptée aux créances B2B, sans frais disproportionnés.
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Forfait fixe
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200 € HT
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Première action formelle contre le débiteur : analyse, stratégie et mise en demeure.
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Le coût peut être réclamé au débiteur dans la mise en demeure.
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Honoraires de résultat
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10 % des sommes récupérées
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Rémunération liée uniquement aux sommes effectivement encaissées.
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Vous ne payez cet honoraire que si le recouvrement aboutit.
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Exemple de rendement
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200 € HT engagés pour récupérer 5 000 € ou 15 000 €
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Mise en demeure d’avocat et pression juridique immédiate sur le débiteur.
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Rendement potentiel très élevé si le débiteur règle rapidement.
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Coût net zéro créancier
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Frais réclamés au débiteur
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Indemnité complémentaire de recouvrement et frais irrépétibles, selon les cas.
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Lorsque le recouvrement aboutit, le coût net peut tendre vers 0 €.
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Base légale mobilisable
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Article L. 441-10 du Code de commerce + article 700 du CPC
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Frais réels de recouvrement et frais engagés dans le cadre d’une procédure judiciaire.
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Possibilité de faire supporter tout ou partie des frais au débiteur.
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Coût de l’inaction
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Prescription, insolvabilité, perte définitive
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Risque de perdre la créance si aucune action n’est engagée à temps.
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L’inaction peut produire un rendement de -100 %.
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